Extraits du vendredi 10 avril 2020

En temps de guerre, la résistance s’organise (envoyé par Marianne Azarion)


(envoyé par Irène le 9/04/2020)

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Extraits du jeudi 9 avril 2020

Entre espoir et devoir (poème envoyé par Marie le 8/04/2020)





Le réveil

Minuit vient de sonner à la pendule de la maison aux volets jaunes. Une boule de sommeil est restée dans mon gosier, il faut que je me lève pour la décoincer à tout prix. D’habitude, quand je dors mal, quand mon cœur bat le trouble, je compte les moutons et tout finit par rentrer dans l’ordre, mais cette nuit, mon regard a croisé l’étoile du départ et j’ai compris qu’il fallait que je m’absente.

J’ai déchiré le masque des volets de fer et la lumière de la Lune a jailli. On aurait dit que le Soleil était entré dans ma chambre. Je devais avoir à cet instant la visage livide d’une gamine déconcertée. J’ai bouclé mes valises avec du linge que j’avais rangé dans des pots de fleurs après la grande lessive. J’ai chaussé mes bottes de sept lieues et mes gants de bandit. J’ai tiré le rideau brodé. J’ai basculé la poignée du compteur, sans éprouver de douleur. J’ai ouvert la porte et me suis enfoncée dans la nuit. Sur le rebord d’une fenêtre, le beurre dégoulinait…

Le ciel avait ôté sa gaze et il ébrouait ses papilles au-dessus de ma tête. Il m’offrait les couleurs acidulées de l’instant. Moi qui n’avais pas coutume de goûter cette brise légère qui réveillait chaque seconde, je sentais grandir en moi un désir fou et pressé. Je posais ma langue sur ce présent en devenir, qui s’écrirait sur l’écorce du pays. Ma langue barbouillée des myrtilles mangées lors de ma promenade avec un plaisir de loup.

J’abandonnais le quotidien sans lendemain, je fendais le fil du réel, je m’émerveillais d’avance des agapes aux saveurs d’enfance que je trouverais à la croisée des chemins sans fin.

(photos et poème envoyé par Véronique Pédréro le 7/04/2020)

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Extraits en suspension – mardi 7 avril 2020

-> Isolement Confinement Solitude

(poème envoyé par Jean-Jacques Mazet le 6/04/2020)

-> Chronique du 6 avril – En temps de guerre…

(envoyé par Marianne Azario le 6/04/2020)

Je viens de passer l’éponge sur ma toile cirée. Coup d’éponge, pas de torchon ! L’éponge, c’est plus doux et ça nettoie bien. La toile, elle doit durer, faut pas l’user trop vite. Elle doit remplir son office : protéger la table en bois même si celle-là n’est pas de premier choix. 
Je sais, je devrais aussi nettoyer les poignées de portes avant d’ouvrir et de fermer mes stylos feutres et mon clavier, la petite souris, le lavabo, la bouteille que je lancerais bien à la mer, le beurrier et les couteaux.
Mais je m’en tape ! 
Je préfère écrire, verser, à la louche, de larges quantités postillonnées dans la casserole, faire mijoter en prenant soin de remuer lentement et régulièrement avec ma cuillère. Puis gratter le fond du bol. Enfin, mouiller mon index avec ma salive pour grappiller les miettes.
Ça m’aère, de la pointe des cheveux aux branches de lunettes.
Comme ça, en pantoufles, je marche et brosse le monde à revers de poils, avant de l’égoutter et de me régaler des larmes qui se sont échappées de ma passoire.

(Véronique Pédréro, le 6/04/2020)

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Extraits en suspension – vendredi 3 avril 2020

Bonjour,
Suite à l’intervention d’Isabelle Barthe, je me permets de vous envoyer la chronique du 2 avril.
Un grand merci à vous.
Bien cordialement
(Marianne Azario le 02/04/2020)

Solitude Silence Rêveries infinies… (Anne-Marie le 03/04/2020) 🍡

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Extraits en suspension – mercredi 1er avril 2020

La tendresse (version confinée)
(vidéo envoyée par Catherine Harder – 31/03/2020)

Ville grise

Aujourd’hui
Viendra la pluie
Souffle le vent
Décoiffe les gens
Depuis longtemps déjà
L’eau manque
Jaunisse les plantes
Les gens marchent sans cabas
C’est dimanche.
Dans la ville grise
Les jours s’éternisent
En lendemains sans rien
Rideaux de fer baissés,
Volets mi clôt
Vies recroquevillées
Chacun chez soi pour son bien
Et personne dans les bistrots
Vivre chaque jour comme si
C’était le dernier
Dire qu’on peut être parti
En trois petits jours singuliers
Détresses respiratoires
Nos masque devenus passoires
La vie est un jeu de dé
Ce virus a tout détraqué.
Pourtant c’était déjà joué
Les dés étaient pipés
Le gouffre était creusé
N’avions plus qu’à faire un pas
Un petit pas de trois
Un petit pas de roi déchu
Nous jetant toi ou moi
Avec ou sans fichu
Au fond du trou, à trépas
Mais rien n’a changé
Tant que la mort reste un possible
Elle n’est pas là
Pourquoi se tourmenter
Tout reste possible
Autant en profiter ici-bas
Même sans avenir
La vie reste un cadeau
Gaspiller un seul jour
Une seule heure
Est un crime d’état
L’avenirNe nous appartient pas
De tout temps
Du passé à maintenant
La vie a été ce jeu de dé
A chacun d’en profiter
Confiné ou pas
La vie nous dépasse
Ouvrons la fenêtre
De vitre ou d’écran
La vie est à coté
Peut on vivre
sans communiquer
Sans recevoir ou donner
Sans partager ce désir d’aimer
De rencontrer
Pour l’éternité
Pour quelques temps
Pour un seul jour
Pour un seul instant
Capté dans le vent

(envoyé par Jean-Claude Serres le 31/03/2020)

Il faut
Du vide
Pour attirer le plein
Pour que s’explore
Le songe
Pour que s’infiltre
Le souffle
Pour que germe
Le fruit
Il nous faut
Tous ces creux
Et de l’inassouvi.

(poème d’Andrée Chédid extrait de Territoires du souffle – envoyé par Elodie)

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Extraits en suspension – lundi 30 mars 2020

Je  ne  suis  pas  bête de somme        Cesse de me pourrir la gomme        Si je barris dans une cage    Au fond du zoo moi je m’enrage        Je ne suis pas amas d’atomes        Que tu voudrais tant voir aphone        Je porte haut mes improvistes        Je n’avoue rien        Mieux je t’enlise        Tes reliques ont le teint triste        Sur le tapis de ta logique        Je tourne en boucle mes 33 tours        Mes larmes lasses mes atours        Je déploie mon jeu indocile    Je rime mes vers versatiles        Je porte haut mes improvistes    Je n’avoue rien        Mieux je te brise    Tu penses rire le dernier        Car tu descends d’une lignée        De vauriens qui sèment la poisse        Crains plutôt que je ne te froisses        Sur le tapis de laine sale        Je n’attends plus me fais la malle        Je porte fières mes couleurs        Toi t’es kao    Je prime à bord

(Véronique Pédréro, le 30/03/2020)
Tomettes usées
Au lointain, dans les courettes
Rebond des chalands
Duvet épicé des sassafras
À la surface
Regards avides
Années pulvérisées
Lettres en tranches
Pierres oblongues
Au fond du lac

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est capture-de28099ecc81cran-2020-03-30-acc80-10.01.00.png
(Véronique Pédréro, le 28/03/2020)
http://poussieres.histoires.free.fr
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Extraits en suspension – dimanche 29 mars 2020

ARN et ADN sont dans un bateau: le capital tombe à l’eau
Les prénoms désormais refusés par l’état civil: Ovide, Chlorine et Raoult
(envoyé par Diego Jorquera le 28/03/2020)

Courbure de branche

révérence matinale

hommage au vivant

(haiku envoyé par Véronique Pédréro le 27/03/2020)

Une solitude à l’intérieur, une autre à l’extérieur

Il est des moments
où les deux solitudes
ne peuvent se toucher.
L’homme se retrouve alors au milieu
comme une porte
inopinément fermée.

Une solitude à l’intérieur.
Une autre à l’extérieur.
Et la porte résonne d’appels.La plus grande solitude est à la porte.

(Poème de Roberto Juarroz envoyé par Christine Duminy-Sauzeau le 28/03/2020)

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