25 octobre – 19h – Séisme de Sulawesi – Ce que sourire peut

Soirée Chimère Café animée par Jean-Pierre Poinas, écrivain-voyageur

Cette photo a été prise pour nous à Yogyakarta, île de Java, dix jours après le séisme qui a emporté leurs villages de Wani 1 et Wani 2, à Sulawesi. Ils sont étudiants, ingénieurs en bâtiment, anthropologues, artistes. Ils sont sans nouvelles de leurs proches. Demain, ils vont emporter des caisses de secours. Ils passeront par l’île de Bornéo, rejoindront Makassar au sud de Sulawesi, remonteront vers le nord. À l’heure où nous diffusons, certains d’entre eux ont atteint l’objectif. Nous en saurons plus très vite.

Au milieu de ce groupe, vous pouvez reconnaître la journaliste et écrivaine franco-indonésienne Élizabeth D. Inandiak. Elle vit avec eux depuis trente ans. Nous l’avons reçue à Grenoble l’année dernière, et nous la reverrons le 15 novembre à la Maison de l’International. Je l’ai rencontrée pour la première fois, là-bas, en 2016. Elle avait vécu le séisme de 2006, l’éruption du Merapi en 2010, et bien d’autres choses encore, toujours en compagnonnage avec les villageois, comme elle le fait à nouveau aujourd’hui. Elle parle, écrit dans leur langue. Je lui laisse la parole, vous allez comprendre ce que j’aimerais partager avec vous.

«  Le gouvernement va bien sûr reconstruire les deux villages. L’Indonésie est un pays en essor et ses habitants ont déjà fait la preuve de leur résilience après les catastrophes naturelles. Sulawesi a connu en moyenne un ‘bombatalu’ (séisme) tous les vingt cinq ans depuis 1820. Mais ce qui s’ouvre devant eux aujourd’hui, c’est leur solitude d’insulaires après la disparition des repères familiers, des maisons, des villages, des lieux de fête et de partage. Au-delà des deuils, des décombres et des chantiers, c’est une reconstruction d’un autre ordre qui se joue : mentale, culturelle, humaine, sociale, micro-économique.

Un petit groupe, si tu arrives à le monter, témoignerait par toutes sortes de signes d’une réelle attention à leurs efforts, à leurs succès, à leurs peines et à leurs joies ».

J’ai regardé à nouveau la photo et me suis souvenu de leurs sourires incroyables de gens pauvres, solidaires et immensément riches d’une culture vivante, nourrie de l’héritage des cultures hindou-bouddhistes de l’Insulinde, sur lequel s’est greffé un islam tolérant, et que reprennent des artistes magnifiques, dans le théâtre, le cinéma, la musique, la littérature. Je n’ose pas dire en la circonstance qu’ils ont plus à nous donner qu’à recevoir, mais… Alors, oui, bien sûr, on peut leur donner de l’argent et, si nous en trouvons, un peu ou un peu plus, j’irai moi-même le leur apporter, avec Élizabeth D. Inandiak, quand ce sera possible, entre décembre et février dans les deux villages de Wani, quand il seront accessibles. Et nous déciderons tous ensemble, eux et nous, de sa meilleure utilisation. Puis nous resterons en lien et d’autres que moi, parmi nous, pourrons leur rendre visite.

Mais surtout, mettons-nous en lien avec eux. Je vous donnerai le 25 octobre toutes les informations que m’aura transmises Élisabeth D. Inandiak jour après jour. Elle est une source directe d’information sur ce groupe et leurs villages, comme sur l’ensemble du pays. Vous pourrez retrouver ses articles dans Courrier International et la rencontrer à la Maison de l’International le 15 novembre au moment de son bref passage à Grenoble.

Venez nombreux le 25 octobre à la Chimère et nous chercherons la manière la plus souriante d’exister ensemble, eux et nous…

Jean-Pierre Poinas

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Pour mémoire, vous pouvez aussi retrouver sur le site mes notes de voyage d’Indonésie (Chimère 2016)

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